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Qu'est-ce que le DRC ?

Deondra Harriott ·
#drc #cisp #nomenclature

Le DRC (Dictionnaire des Résultats de Consultation) est un outil de référence conçu par la Société Française de Médecine Générale (SFMG) pour les médecins généralistes en France.

Logo du DRC

Loin d’être un catalogue exhaustif de maladies, il se concentre sur les situations les plus fréquentes du quotidien. En parlant le langage de la médecine générale, le DRC permet de rester au plus près des situations cliniques réelles, y compris lorsqu’elles restent indifférenciées.

Des protocoles de Braun au dictionnaire de la SFMG

Le DRC a pris forme à partir des recherches menées par le médecin généraliste et chercheur autrichien, le professeur Robert Nikolaus Braun.

Le professeur Robert Nikolaus Braun

Conscient que les procédures standard et exhaustives enseignées en faculté de médecine étaient inadaptées au rythme soutenu et à la nature non spécifique de la médecine générale, Braun a créé 82 protocoles diagnostiques structurés. Ces listes de contrôle ont servi de premiers systèmes d’aide à la décision : elles aidaient les médecins de premier recours à différencier systématiquement les troubles bénins des pathologies potentiellement dangereuses.

“…le Dictionnaire n’est pas un catalogue exhaustif des maladies, mais une liste des situations cliniques les plus fréquentes.” - Chouilly J et al. Pour un retour au raisonnement clinique. GMSanté édition. 2019.

C’est à partir de ces travaux que la SFMG a élaboré, au cours des années 1990, la version initiale du Dictionnaire des Résultats de Consultation, alors fort de 207 définitions.

Logo de la SFMG

Un héritage plus large : la CIM

Les travaux du professeur Braun ne s’inscrivaient pas dans un vide, pas plus que le désir d’associer des nomenclatures à des situations cliniques. Ce processus est le fruit d’années de recherche, menées tant par des médecins que par des scientifiques.

Comptant parmi les premiers standards de codage adoptés mondialement, la CIM (Classification Internationale des Maladies) a posé les bases de la standardisation médicale.

Administrée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la CIM est la norme mondiale pour classifier et coder les diagnostics médicaux, les symptômes et les causes de décès. Elle traduit des termes médicaux du monde entier en un langage standardisé, ce qui permet aux hôpitaux, aux chercheurs et aux gouvernements de suivre les tendances de santé publique et de gérer la facturation des soins de manière comparable d’un pays à l’autre.

Conçue pour le niveau institutionnel, la CIM se focalise sur les diagnostics définitifs. Elle crée ainsi un angle mort pour la médecine générale, où dominent les symptômes indifférenciés — fatigue, toux, et tant d’autres motifs du quotidien. Pour combler ce manque, la CISP et, en France, le DRC ont inversé cette philosophie. Plutôt que de copier la CIM, ces cadres s’adaptent à l’incertitude diagnostique pour saisir le motif réel de consultation du patient.

Le DRC comparé à la CISP

Il existe aujourd’hui plusieurs référentiels pour les médecins généralistes. Parmi eux, le standard international : la CISP (Classification Internationale des Soins Primaires), version française de l’International Classification of Primary Care (ICPC).

Développée par l’OMS et WONCA, l’organisation mondiale des médecins de famille, la CISP est un système de classification spécifiquement conçu pour la médecine générale et les soins primaires. Elle en est aujourd’hui à sa troisième version ; en France, c’est la CISP-2 qui reste utilisée.

Conçue pour refléter la réalité de la médecine générale, contrairement aux classifications hospitalières plus strictes, la CISP-2 utilise une structure biaxiale pour coder simultanément le motif du patient, les soins prodigués et le diagnostic final.

Extrait de la CISP-2

“La CISP ne peut être considérée comme un instrument d’observation de l’activité de soins primaires… Le manque de fiabilité tient à ce que les concepts qui ont produit la CIM ne collent pas à notre activité de Médecine Générale. Telle quelle, la CISP ne peut être utilisée comme un outil de recherche. Sa notoriété, à travers la WONCA, est indéniable. Il reste à argumenter, sur des données scientifiques propres à la Médecine Générale et non à travers des filtres préétablis, pour que s’impose d’autres outils.” - Marquet S. La CISP, un instrument pour la médecine générale, Document de Recherche SFMG N° 46, Octobre 1995

En France, la SFMG a rapidement compris l’intérêt de la CISP, mais a considéré qu’elle était plus adaptée à la recherche qu’à la pratique quotidienne. Il fallait une nomenclature pensée pour capturer correctement les situations diagnostiques indifférenciées, très fréquentes en médecine générale.

Le DRC documente ainsi la réalité du cabinet, tout en assurant, grâce à une correspondance en arrière-plan, une connexion avec le suivi épidémiologique mondial de la CIM.

DRC et CISP dans Sumi

Nous avons intégré le DRC dans Sumi dans la mesure où de nombreux médecins généralistes français organisent leurs documents selon ce référentiel, ce qui leur permet de maintenir une uniformité dans leur documentation clinique.

L’intégration du DRC et de la CISP dans Sumi permet de nommer de manière standardisée les situations rencontrées, et de faciliter le suivi dans le temps des différents problèmes de santé de vos patients.

Fabio Romita, fondateur de Sumi Health, présente l’usage du DRC dans l’application :

Pour aller plus loin